restaurer ; avant tout respecter . . .
Respect de la matière, respect du meuble.
Respect de l’histoire, de l’historique, du vécu et du temps qui passe et de la patine qu’il dépose
Respect de soi-même, respect des autres en général et du client en particulier. |
|
|
. . .
Respect du métier, du savoir-faire, de la pratique, de la tradition. Mais aussi respect de la technique, des progrès et des innovations.
Respect enfin des maîtres qui nous ont précédés et qui ont accouché de leurs doigts habiles ces meubles qui sont aujourd’hui confiés à nos soins. |
|
l'evolution de la restauration d'art
Au XVIIIème siècle, seul comptait l’aspect extérieur du meuble, pourtant, dans l’utilisation quotidienne de celui-ci, aucune précaution n’était prise. L’entretien, les restaurations étaient confiées à l’ébéniste, souvent au fabricant même du meuble quand c’était possible, quelque fois à ses successeurs, toujours à des artisans dont la fonction principale était la fabrication.
Les quatre fils d’André Charles BOULLE ont restauré les meubles fabriqués par leur père durant toute leur vie.
Jusqu’au milieu du XIXème siècle, on n’hésitait pas à intervenir de façon brutale sur un meuble. L’idée même du respect était complètement étrangère à ces interventions.
A partir du XIXème siècle, grâce à l’esprit des collectionneurs, on a commencé à traiter les meubles avec plus de respect pour leur redonner leur état d’origine. |
|
Ce qui n’empêchait pas un certain Louis-Philippe de faire transformer toute une série de meubles de BOULLE pour les adapter à son besoin personnel.
Ce n’est qu’au début du siècle ( du XXème siècle...), que l’on a commencé à se soucier d’authenticité. Mais il n’y a qu’une petite trentaine d’années que la restauration des meubles est devenue le domaine réservé de spécialistes se consacrant exclusivement à cette activité en délaissant complètement la fabrication.
Et en trente ans, la réflexion a fait son chemin, et de colloque en symposium, de réunions en conférences, l’idée même de la restauration a évolué considérablement dans les esprits et dans les pratiques, jusqu’à y introduire la notion d’éthique qui aurait parue bien présomptueuse, voire saugrenue à ceux qui la pratiquaient (la restauration) au XVIIIème siècle,
à qui pourtant on n’aurait rien à remontrer en matière de savoir-faire. -Chrlstian Blankaert - |

Etat inital du meuble / |
| |
|
| |
Les degats subis /
Il s’agit d’un meuble qui a été endommagé lors d’un incendie : il a subi la grande chaleur du feu sans toutefois être directement touché par les flammes. Cela a eu pour effet de cuire le vernis qui déjà ancien et altéré ne protégeait plus beaucoup le bois.
Puis il a reçu les masses d’eau déversées par les lances à incendie en même temps que les gravats qui tombaient du plafond, plâtre, enduit, peinture, suie et poussière. |
 |
Demontage et nettoyage /
|
|
| |
Dans un premier temps, le bureau est complètement démonté, pièce par pièce, dépoussiéré à la brosse et au chiffon pour éliminer tous les amas de plâtre et de suie. Ce travail doit se faire à sec, en prenant la précaution de ne pas décoller d’autres morceaux, ni d’en perdre aucun. Toutes les parties ainsi démontées et nettoyées seront repérées, répertoriées, analysées et stockées de façon qu’aucune déformation supplémentaire ne puisse se produire.
Puis chaque pièce est remise dans son état d’origine : le bâti réparé et les placages déposés puis replacés. |
 |
| |
| Remontage, gainerie, serrurerie, marbrerie et vernis au tampon / |
| |
|
| |
Une fois le bois très bien poncé, on peut commencer le bouche porage ou rempli. Cela se fait en utilisant de la ponce soie. On saupoudre la surface à remplir, et on fait pénétrer la ponce dans les pores du bois en appliquant un tampon légèrement humidifié à l’alcool à vernir.
Vient ensuite la phase du vernis au tampon ou il est important de ne jamais marquer de temps d’arrêt sur la surface dans le passage du tampon. Le risque est de brûler, d’arracher ou d’imprimer la toile sur la surface en cours de vernissage.
La finition du meuble étant terminée, il reste à remonter les serrures, les entrées de serrures, les sabots, le marbre et la galerie. En dernier lieu on repose le cuir, collé à la colle à papier peint, et qui peut être reciré si nécessaire. |
 |
|
|
|
 |
|